Témoignage de foi de Luc

Je m’appelle Luc Garnier, j’ai 25 ans, je suis séminariste, et je serai bientôt diacre.

Je voudrais vous partager comment j’ai rencontré le Christ et donc Dieu comme quelqu’un qui a donné sa vie pour moi.

Je suis d’une famille chrétienne, j’ai reçu la foi par mes parents. J’aurai vécu ma vie de foi sans trop me poser de questions sans la naissance, lorsque j’avais 7 ans, d’un petit frère handicapé trisomique, Benjamin. A ce moment, j’ai beaucoup mûri : par ce petit frère, j’ai fait l’expérience que la souffrance faisait partie de la vie, mais aussi que grâce à ce petit frère, je devenais plus généreux et plus humain. Ma foi aussi a beaucoup mûri à ce moment : j’ai toujours cru en Dieu, et plus que jamais j’étais en relation avec lui, mais je me demandais aussi : « Est-ce que Dieu agit vraiment pour nous ? Dans les difficultés qu’on rencontre en famille, est-ce qu’il est proche ou est-ce qu’il est loin ? Est-ce qu’il se mouille pour nous ? Est-ce qu’il s’engage pour nous ? ». Ces questions, elles m’ont traversé pendant toute mon adolescence mais Dieu ne m’a pas répondu tout de suite. Et puis j’ai fait une bonne crise d’ado ! J’étais en révolte contre mes parents bien sûr, mais aussi mon milieu, mon école. Comme tout jeune qui va pas bien, j’ai arrosé ça en me mettant des cuites et en fumant des joints. Bref, j’étais pas bien dans mes baskets et j’en voulais à Dieu. Avec toujours cette question : « Où es-tu lorsque j’ai mal ? ».

A cette époque, collège/lycée, je voulais être éducateur. J’étais très attiré par le monde de la banlieue parce que là-bas y avait des jeunes qui souffraient comme moi. Alors pendant des vacances, j’ai fait des camps de jeunes de banlieue avec les Salésiens à Lyon et notamment avec un prêtre qui s’appelle Jean-Marie Peticlerc. J’ai été très marqué par ce prêtre. D’abord parce que c’était un excellent éducateur : il savait être doux quand il le fallait et ferme quand il le fallait. Mais surtout parce qu’il était usé : ça se voyait sur son visage : il avait une grosse barbe (on l’aurait croisé dans la rue, on l’aurait pris pour un clochard). Et cet homme, je me suis rendu compte qu’il était usé parce qu’il avait donné sa vie pour ces jeunes. Et je savais aussi que ce don de lui-même comme prêtre éducateur, c’était une réponse à un autre don, plus grand encore, total, et que grâce à ce prêtre je touchais du doigt : le don de Jésus pour tous les hommes : sa vie et sa mort sur la Croix.

A ce moment, par ce prêtre et par d’autres que j’ai pu rencontrer et qui donnaient leur vie de bien des manières, j’ai commencé à comprendre que Dieu, en Jésus, avait donné sa vie pour tous, et pour moi en particulier. Et qu’il y avait des hommes qui, à sa suite, continuaient à donner toute leur vie. Grâce au témoignage de ce prêtre qui donnait sa vie, j’ai compris que le message de Jésus était vrai (« pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »), qu’il était puissant (il avait la force d’engager toute la vie d’un homme). J’ai compris que Dieu s’était vraiment mouillé pour nous et qu’il continuait à le faire.

Je suis à la fin de mon lycée. Je décide d’être davantage chrétien, d’être plus fidèle à la messe, de prier plus souvent. En terminale, je fais une retraite dans une abbaye où je me confesse et où je sens la présence de Dieu dans ma prière. A partir de là je suis plus libre et heureux : je vais même jusqu’à parler de Dieu avec mes amis non croyants ou musulmans. Après le bac, je me sens appelé à donner ma vie à mon tour...

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